L’envers du décor de l’industrie de la mode actuelle

Depuis que j’ai vu le documentaire «The True Cost», je ne vois plus l’industrie de la mode de la même manière. J’ai de la difficulté à fréquenter les centres d’achats remplis de grandes chaînes de magasins comme H&M et Zara. J’avais envie de vous parler de cette industrie afin de vous montrer l’envers du décor.

Il est important de noter qu’un des grands problèmes de l’industrie de la mode est la surconsommation dû au changement constant des tendances. En tant que société, nous consommons 400% plus de vêtements aujourd’hui qu’il y a 20 ans (Forbes), ce qui correspond à environ 80 milliards de vêtements vendus chaque année.  (Fashion Revolution) Ce phénomène est appelé « fast fashion », ce qui signifie que les tendances des défilés se retrouvent très rapidement en magasin, souvent à faible coût et de qualité déplorable et incite les gens à toujours acheter de nouveaux vêtements.

© Leslie Richard

Cependant, l’individu moyen n’a pas du tout besoin d’autant de vêtements. Selon Clare Press, auteure du livre «Wardrobe Crisis», un individu porte en moyenne un vêtement 7 fois avant de s’en débarrasser. La femme moyenne porte seulement 40% des vêtements qu’elle possède dans sa garde-robe (ABC). Qu’arrive-t-il donc à ces vêtements? Selon l’état de ceux-ci, ils sont soit jetés ou donnés. Donner nos vêtements à un magasin de charité semble une bonne idée en théorie, pourtant, seulement 10% des vêtements donnés sont vendus. Le reste se retrouve dans les sites d’enfouissement, sont incinérés ou vendus dans des pays déjà inondés de nos déchets. (Fashion Revolution)

Un autre des grands problèmes de cette industrie est la condition humaine. Quand on achète un chandail à 12$, c’est qu’il y a quelqu’un à l’autre bout du monde qui a été payé 5 sous pour ce travail. En effet, comme bien expliqué dans le documentaire «The True Cost», les citoyens des pays comme le Bangladesh, l’Inde ou le Cambodge n’ont souvent pas le choix de travailler dans cette industrie et sont soumis à des conditions déplorables. Vous vous rappellerez peut-être de l’événement tragique du 24 avril 2013, où 1 138 personnes sont mortes et plus de 2 500 ont été blessés par l’effondrement du bâtiment Rana Plaza au Bangladesh. (Fashion Revolution) Des accidents arrivent souvent dans ces types de bâtiments, car ils ne sont pas sécuritaires pour les travailleurs.

Finalement, les matériaux et outils utilisés pour la fabrication sont souvent peu sécuritaires et très polluants pour la planète, notamment la teinture, la production du coton génétiquement modifié ainsi que l’industrie du cuir. Cela explique donc pourquoi l’industrie de la mode est la 2e plus polluante au monde, juste après l’industrie pétrolière. (The True Cost)

Il est donc possible d’affirmer que cette industrie comporte un lot de problèmes majeurs. Pourtant, on en entend rarement parler, et on continue de promouvoir la surconsommation de vêtements. La tendance des «hauls » sur Youtube, où des influenceurs présentent leurs garde-robes de 300 vêtements, souvent offerts par les compagnies, est toujours présente et populaire. Cela étant dit, il est définitivement possible de ne pas contribuer à ce phénomène et vous découvrirez une foule d’idées dans le prochain article de cette série!

Petit défi de la semaine : la prochaine fois que vous voyez un vêtement de très bonne qualité, fait de manière éthique, localement, à 60$, ne dites pas que c’est trop cher!

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